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CEO de BNP Paribas Leasing Solutions, cette ancienne haut-fonctionnaire de Bercy a insufflé un vent de modernité dans la branche dédiée au leasing du groupe bancaire français. Meneuse d’équipes hors pair et passionnée d’art, Charlotte Dennery ne transige pas avec les enjeux liés à la parité.

 

Maurice Midena

Sur le mur derrière le bureau de Charlotte Dennery, s’étend une acrylique sur toile de Paul Kallos. « Sacre du printemps », mesurant 1m95 de hauteur et 2m60 de longueur, est une succession de grandes bandes rectangulaires, faites de nuances de bleus et de verts, avec ici et là des tâches jaunes ou oranges. Cette œuvre du peintre contemporain franco-hongrois décédé en 2001 vient de la collection privée de BNP Paribas. L’art n’est pas une mince affaire pour Charlotte Dennery, qui est, à ses heures perdues si on ose dire, administratrice de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMN-GP).

Cette femme de 53 ans, sait passer du tout au tout : en l’occurrence du monde feutré et volontiers délicat de l’art à celui plus prosaïque du crédit-bail. Depuis trois ans et demi, elle dirige la branche « Leasing Solutions » du groupe BNP Paribas. Le leasing est une appellation générique qui correspond à deux modes de financement différents utilisés au quotidien par les entreprises : la location et le crédit-bail. Ces solutions leur permettent d’utiliser un équipement moyennant le paiement d’un loyer périodique. Elles rentrent ainsi de plein pied dans l’économie de l’usage.

« Le leasing est au cœur de l’économie réelle », assure Charlotte Dennery. Grâce à cette méthode, les entreprises de toute taille et de tous secteurs peuvent acquérir du matériel en tout genre : tracteur, charriot élévateur, mais également  flotte de smartphones ou  fauteuils pour les dentistes. Au sein de BNP Paribas, le leasing fait travailler 3 400 employés dans 18 pays, et représente 32,1 milliards d’euros d’encours sous gestion. Depuis l’arrivée de Charlotte Dennery, la filiale de la banque de la rue d’Antin est passée de 10,1 à 13,5 milliards d’euros de nouveaux contrats de leasing par an.

Ce bond en avant, Charlotte Dennery l’a instigué en insufflant une grande bouffée de modernité à une branche qui semblait peu innovante . Le premier enjeu a été celui de la digitalisation de l’activité. La transition numérique a d’abord concerné l’automatisation des process et notamment des parcours clients et distributeurs (le crédit-bail est distribué par les constructeurs qui vendent les équipements). De la simulation des échéances de paiement à la signature finale du contrat, en passant par la vérification de la solvabilité du client, tout se fait désormais en ligne. « Nous signons 3,5 contrats par minute. Pour passer à un tel niveau d’industrialisation, il a été indispensable de digitaliser nos services », explique Mme Dennery. Avec de tels process, le délai de réponse pour une entreprise voulant souscrire un contrat de financement  est passé de plusieurs jours à quelques heures.

Digitaliser et déménager

Mais la digitalisation ne s’est pas limitée à mieux servir ceux qui bénéficient des services de leasing. Elle a aussi concerné ceux qui les mettent en place. Dirigeante d’envergure, à l’affût des nouvelles formes de management, Charlotte Dennery a mis en place du « reverse mentoring » afin que ses plus jeunes recrues forment leurs ainés aux nouvelles pratiques liées au numériques et à l’utilisation des réseaux sociaux. « C’est un jeune collaborateur du pôle financier de 25 ans qui m’a appris comment optimiser les possibilités offertes par mon smartphone. »

Outre le numérique, un des grands bouleversements menés par la CEO est le changement de locaux : depuis mars 2017, fini le vieux bâtiment de Puteaux où « plus on avait de galons, plus on avait de fenêtres à son bureau ». Bonjour Nanterre et des locaux flambants neufs organisés en flex-office, où personne ou presque n’a de bureau attitré. Le télétravail, en général de deux jours par semaine, a été systématisé. « Toutes ces mesures fonctionnent très bien, assure-t-elle. Il y a plus d’échanges. Cela a vraiment changé l’atmosphère au sein des équipes. »

Les équipes de BNP Paribas justement, c’est peu de dire que Charlotte Dennery les connait bien. Elle est dans la maison depuis 2001. Elle y est entrée à la stratégie du groupe, avant de s’occuper de la direction financière de la branche assurance, puis de devenir de 2010 à 2015 COO – Chief Operating Officer – de BNP Paribas Investment Partners, la branche d’activité spécialisée en asset management du groupe.

Charlotte Dennery n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler une figure de l’ascension sociale. Elle a plutôt marché sur les traces de ses parents. Fille de diplomate, la CEO est née à Tokyo. Elle a également vécu à Moscou et à Brazzaville. Troisième enfant d’une fratrie aux parcours très variés, elle compte un frère chef de service en anesthésie-réanimation à l’hôpital Georges Pompidou, un autre haut fonctionnaire et une sœur responsable d’une fondation artistique.

De l’X à Bercy, en passant par l’Insee

Excellente élève et brillante étudiante, Charlotte Dennery intègre la classe préparatoire du lycée Henri IV, après un bac passé au lycée Louis-le-Grand. Elle effectue son année de « cinq-demi » à Saint-Louis. « J’ai fait tous les lycées du quartier latin », s’amuse-t-elle. Elle intègre l’Ecole polytechnique en 1985. Diplômée trois ans plus tard, elle complète son cursus par un master à l’ENSAE, une grande école spécialisée en statistiques. Elle rentre dans la foulée  à l’INSEE où elle devient responsable de l’analyse des comptes trimestriels de la nation. Elle œuvre ensuite pendant six ans à la direction du Budget

Mais si elle a pu bénéficier dès sa jeunesse de conditions propices à l’excellence, Charlotte Dennery s’est vite rendue compte que ce n’était pas le cas pour tout le monde. Notamment que le gap entre hommes et femmes étaient plus important que ce qu’elle imaginait : « Lorsque je travaillais à Bercy, les femmes commençaient à avoir de plus en plus de postes à responsabilité. Quand j’ai intégré BNP Paribas, j’ai vu qu’elles étaient rares. Surtout dans le Comex », explique-t-elle.

Pour rééquilibrer tout ça, Charlotte Dennery a mis en place diverses mesures. Du classique, avec du mentoring et du coaching. Des initiatives plus franches : « Je veille chaque année à ce que les augmentations de salaire des femmes soient les mêmes que celles des hommes, assure-t-elle. Voire parfois un peu plus élevées pour les femmes, car on sait quil y a des décalages qui ont eu lieu notamment au moment de leurs congés maternité. Donc on fait des rattrapages. » Même chose pour les promotions, tous les sexes sont logés à la même enseigne.

Charlotte Dennery peut être un modèle à suivre  pour beaucoup de femmes, surtout dans un secteur aussi masculin que la banque. Et elle parait encline à multiplier les sources d’inspiration autour d’elle. Que ce soit des parcours professionnels ou des œuvres d’art.

De l’économie de l’usage au paiement à l’usage en passant par l’économie circulaire. Voyage au cœur d’une croissance durable et rentable.

Par Pascal Layan, Directeur Général Délégué de BNP Paribas Leasing Solutions

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Fin de la possession et accélération de l’économie de l’usage

Qui aujourd’hui préfèrerait acheter un vélo qu’il peut trouver en libre-service ou encore des CDs, plutôt que d’accéder en ligne à une playlist illimitée ?

Les nouvelles générations n’ont pas le même goût pour la propriété et y sont moins attachées. Selon un sondage de l’Observatoire société et consommation (Obsoco), 77 % des Français disent privilégier l’usage à la possession.

Déjà, certains secteurs ont commencé à profiter de ce nouveau mode de consommation, comme par exemple l’industrie automobile qui a délaissé le crédit pour le leasing.

Cette tendance s’inscrit aussi de plus en plus dans l’univers professionnel. Quand on sait que l’activité de financement locatif pour les équipements professionnels a progressé de près de 8% en 2018, cela montre bien l’intérêt des entreprises pour ce mode de financement qui présente des avantages économiques non négligeables. Le paiement d’un loyer mensuel leur permet facilement de rapprocher un budget et un coût et de préserver leur capacité d’investissement tout en optimisant leur trésorerie.

Ce mode de financement flexible leur permet également de bénéficier des dernières innovations technologiques. L’accélération des innovations, couplée à la sortie régulière de nouveaux produits, contribue ainsi à l’essor du leasing. Avoir en tout temps accès à des équipements performants et adaptés n’est, en effet, pas une option pour les entreprises si elles veulent rester compétitives. Alors que l’achat les condamne plus ou moins à subir l’obsolescence programmée de leurs matériels, la location, elle, leur permet de s’adapter plus facilement aux évolutions technologiques et éventuelles contraintes règlementaires. Il existe cependant différentes typologies de clients pour un même produit : les ultra-technologiques qui veulent toujours disposer des dernières nouveautés et qui en font un usage intensif, et les plus modérés qui préfèrent détenir des produits technologiques qui fonctionnent mais à un prix moins élevé. Alors, comment répondre aux attentes de ces deux profils de clients ?

Economie circulaire : « Je finance, je récupère, je reconfigure et je reloue ».

L’économie circulaire constitue une des réponses à ce défi et chacun a un rôle à jouer dans ce nouveau mode de consommation plus durable et profitable à tous. Grâce aux solutions locatives, les sociétés de financement s’assurent que les équipements sont récupérés en fin de contrat et revalorisés pour leur donner une deuxième voire troisième vie. Une démarche qui ne peut se faire qu’avec les constructeurs et distributeurs d’équipement. Ces derniers se doivent, en effet, d’intégrer, dès la conception de leurs produits, leurs contraintes de reconditionnement et de recyclage. Prenons l’exemple d’une flotte de smartphones ou de tablettes informatique : il est aujourd’hui possible de récupérer, reformater, reconditionner et revendre ou relouer 98 % de ces équipements. « Je finance, je récupère, je reconfigure et je reloue ». Il s’agit d’une formidable réponse à la rareté des ressources naturelles. Cette gestion circulaire des équipements permet également la démocratisation de technologies parfois coûteuses en facilitant leur accès en deuxième vie. En effet, au bout d’un an d’utilisation, un smartphone ne correspond peut être plus aux besoins d’une entreprise X mais il pourra faire le bonheur d’une entreprise Y ou de collectivités dont le budget est plus limité.

Le principal défi est le changement de paradigme industriel qui consiste à travailler sur la durabilité des produits et à déprogrammer toute obsolescence trop rapide des produits. Cette longévité est source de revenus complémentaires pour les constructeurs qui ont, alors, tout intérêt à fabriquer des produits solides et performants dans la durée dont ils pourront récupérer une certaine valeur à la fin de leur première vie. L’entretien au cours de l’usage joue également un rôle de plus en plus primordial dans la valorisation d’un produit. Plus un produit dans sa première vie est entretenu, plus sa valeur résiduelle sera importante. C’est pourquoi de plus en plus de solutions locatives s’accompagnent de services tels que l’installation ou la maintenance des équipements. Désormais, grâce à l’IoT notamment, il est possible de suivre précisément l’usage qui est fait d’un équipement pour prévenir les pannes et ainsi allonger sa durée de vie. Mais pas que !

De l’économie de l’usage et circulaire au paiement à l’usage, il n’y a qu’un pas ?

L’IoT représente aussi le sésame qui permettra aux entreprises d’aller encore plus loin dans l’économie de l’usage en facturant leurs clients selon l’usage réel qu’ils font des équipements. Et non plus sur la base d’un loyer mensuel fixe.

Aujourd’hui certaines solutions « pay per use » existent déjà, à l’instar de Nordaq, société spécialisée dans les systèmes de filtrage d’eau, qui facture les restaurateurs en fonction du nombre de litres consommés. Ou encore les solutions de facturation à la copie pour les systèmes d’impression – copieurs et imprimantes. Mais ces solutions ne sont pas encore généralisées.

Quels sont donc les freins rencontrés et les solutions envisagées ?

Tout d’abord, pour faire payer l’usage réel d’un équipement, il est essentiel de pouvoir contrôler très précisément son utilisation. Suivre le nombre de kilomètres effectués par un tracteur, le nombre d’heures d’utilisation d’un PC, le nombre d’images réalisées avec un IRM… L’IoT et les datas générées permettent aujourd’hui de répondre à ce besoin. Mais le temps d’implémentation de ces nouvelles technologies peut être long, notamment pour les entreprises disposant d’un système existant ancien.

Par ailleurs, faire payer à l’usage réel impose aux entreprises de faire évoluer leurs business modèles. Leurs revenus ne sont plus fixes, ils sont donc moins prévisibles et plus compliqués à gérer. Il s’agit donc pour les sociétés de financement de travailler conjointement avec les constructeurs pour élaborer ces nouvelles offres de tarification à l’usage réel. Ces solutions doivent pouvoir répondre aux exigences de rentabilité des constructeurs et distributeurs et aux attentes de leurs clients finaux.

Les entreprises doivent aussi prendre en compte l’accompagnement au changement que ce nouvel business modèle entraine, notamment pour leurs équipes commerciales. Ces dernières ne vendant plus un produit mais un service, leur approche est alors très différente. La connaissance du client devient encore plus clé pour pouvoir lui proposer des offres adaptées. Le paiement à l’usage représente donc à la fois une contrainte, dans les changements qu’elle entraîne, et des opportunités. Les données obtenues permettent en effet aux entreprises d’obtenir plus d’informations sur leurs clients et ainsi d’adapter leurs offres pour rester compétitives.

Une opportunité pour les entreprises en France

La France dispose de tous les savoir-faire pour réussir cette mutation, aussi bien technologique que financière. Elle est pionnière en Europe sur le financement locatif, avec deux acteurs majeurs qui dominent le classement du marché européen. La France peut donc facilement devenir le fer de lance de cette nouvelle forme d’économie à travers l’Europe. Les PME et ETI françaises, qui déplorent parfois le manque d’accès aux crédits, disposent en réalité d’autres solutions de financement pour changer la donne et les usages de leur marché, pour créer un nouvel écosystème concurrentiel en faisant payer à leurs clients un prix juste, d’apparence plus accessible mais pas moins margé. Une solution gagnante/gagnante pour le constructeur, l’entreprise utilisatrice et la planète !

La question n’est plus de nous demander si nous allons basculer vers une économie de l’usage toujours plus circulaire mais plutôt comment accompagner les entreprises et institutions pour les aider à changer leurs façons de financer leurs équipements ? Tels nos ancêtres qui partaient vers la ruée vers l’or, il existe aujourd’hui une course vers l’Eldorado de l’économie de l’usage, à nos PME et ETI françaises de saisir cette opportunité pour être nos moteurs de croissance de demain. A nous tous d’en faire bon usage !

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Rapport publié par l’Association française des entreprises privées (AFEP)

Octobre 2018

Le Groupe BNP Paribas a pris 4 engagements majeurs pour intégrer l’économie circulaire dans chaque aspect de sa stratégie de développement : de la conception des solutions de financement plus durables aux initiatives pour réduire ses impacts environnementaux. Ces engagements ont été présentés lors d’un colloque organisé par les différents acteurs de l’économie circulaire en partenariat avec le Ministère de la transition écologique et solidaire.

Dans la lignée des engagements du Groupe BNP Paribas en faveur de la transition énergétique, BNP Paribas Leasing Solutions propose une offre innovante pour financer les luminaires LED en mode locatif à destination des collectivités. L’éclairage LED permet aux villes de réduire leurs consommation d’électricité, tout en améliorant la qualité de leur éclairage public. 

BNP Paribas Leasing Solutions accompagne les collectivités qui souhaitent bénéficier des avantages de l’éclairage LED en finançant les projets de réhabilitation de leurs installations d’éclairage.

  • Des solutions flexibles pour un éclairage public innovant : découvrez l’interview croisée d’Alain Escoffier, Directeur Général de BNP Paribas Leasing Solutions France et Xavier Albouy, Directeur de la marque Citeos – Groupe Vinci Energies, parue dans le magazine Europe Parlementaire. 

Article paru dans le magazine Europe parlementaire N° 35 – Avril-Mai-Juin 2018

Article paru dans IT for Business, février 2018.
Journaliste : Olivier ROBERGET

Le spécialiste des solutions de financement et de location pour les équipements professionnels est engagé depuis 2015 dans un programme de transformation digitale qu’il mène sur trois fronts simultanément : les ventes, les opérations internes et les méthodes de travail des 3 000 collaborateurs présents dans 16 pays. François-Régis Martin, Chief Digital Officer, fait le point sur le chemin parcouru et les prochains défis.

La logique de Switch’ON consiste à accompagner un fabricant ou un distributeur dans le passage au modèle locatif, explique Philippe Jouglard, directeur marketing et développement Technology Solutions chez BNP Paribas Leasing Solutions.

Article paru dans Banque des Professionnels, Janvier 2018.

L’économie de l’usage est une tendance qui se généralise, dans l’univers personnel comme professionnel.

Pour les entreprises, baculer vers un modèle de location constitue un avantage compétitif majeur.

Grâce à notre nouvelle application Switch’ON, nos équipes peuvent réaliser un audit pour vérifier si l’activité d’une entreprise est adaptée au modèle locatif.

Les Echos, BNP Paribas innove dans le leasingArticle paru dans Les Echos, le 20 décembre 2017.
Journaliste : Edouard Lederer. @EdouardLederer

BNP Paribas Leasing Solutions va lancer coup sur coup deux services qui  témoignent de l’évolution du secteur. Peu consommateur en fonds propres et rentable, ce métier vit une vague d’innovations.

Longtemps restée dans l’ombre du crédit, la location de longue durée de véhicules ou de  machines industrielles est devenue une priorité pour les banques, et il flotte sur ce métier comme un parfum d’innovation. L’un des leaders européens du secteur, BNP Paribas Leasing Solutions, va lancer coup sur coup deux services qui témoignent de l’évolution du secteur.

La filiale spécialisée, qui affiche une production de 12 milliards d’euros en 2017 et un encours de 30 milliards d’euros, a ainsi lancé cette semaine une application mobile baptisée « Switch’On ».

  • Passer au modèle de la location

Son but est « d’accompagner les entreprises qui souhaitent passer du business model de la vente au business model de la location », indique un communiqué. Cette application promet ainsi un audit permettant de déterminer si l’activité est adaptée au leasing et un simulateur mesurant l’impact économique de cette bascule.

« Dans la majorité des cas, il est plus intéressant de louer que d’acheter. Nous en faisons la démonstration tant au distributeur qu’au client final », souligne  Charlotte Dennery , administrateur délégué général de BNP Paribas Leasing Solutions. Ainsi, l’automobile (secteur couvert par  une autre filiale du groupe, Arval ) ou les photocopieurs sont passés depuis longtemps à l’ère du leasing, les entreprises louant des flottes d’équipement qu’elles renouvellent régulièrement.

  • Dentistes et grandes surfaces

Mais d’autres secteurs d’activité pourraient basculer vers cette «  économie de l’usage  ». La location longue durée touche désormais des métiers plus inattendus comme les fauteuils médicalisés des dentistes, les portiques de sécurité des grandes surfaces, ou encore l es leds utilisées dans les centres commerciaux pour créer des atmosphères et inciter à l’achat.

  • Louer des actifs sous-utilisés

Une autre initiative prévue illustre une seconde tendance : la proposition de services associés au métier historique de la location longue durée. La filiale de BNP Paribas va ainsi mettre à disposition en janvier une plate-forme destinée à la mise en relation d’utilisateurs de matériels professionnels.

« Le principe est de dire aux chefs d’entreprise qui l’utiliseront : ‘Si vous avez des actifs sous-utilisés, mettez-les en location. Nous serons capables d’assurer la mise en relation et de tarifer cette transaction. Nous escomptons une montée en puissance significative.’ », estime Charlotte Dennery.

Le développement de ce type de service répond à  une évolution des usages – comparable à celles observées chez les particuliers – mais elle s’inscrit aussi dans une logique économique particulière. « Globalement, il est important de travailler sur la rentabilité tout en améliorant le service rendu aux clients en générant des commissions et en mobilisant peu de capital. C’est ce qui explique que nous développons une gamme de services et de conseil à côté de notre métier historique », souligne la dirigeante.

  • Deux champions français

Le leasing est devenu ces dernières années l’un des terrains de jeu favoris des banques : le métier présente l’avantage de consommer peu de fonds propres, d’être par nature sécurisé par des actifs tangibles et de dégager un rendement de fonds propres alloué à l’activité « sympathique », à l’heure où d’autres branches ont vu cet indicateur se dégrader. Selon le classement Leaseeurope, outre BNP Paribas (en incluant Arval), l’autre grand rival européen est Société Générale (en incluant ALD Automotive).

Edouard Lederer

 

Article paru dans L’Opinion, le 19 décembre 2017.
Journaliste : Cyrille Lachèvre. @CyrilleLachevre

Charlotte Dennery, CEO BNP Paribas Leasing Solutions

 

Charlotte Dennery
(BNP Paribas Leasing Solutions) :

« Entreprises et particuliers veulent utiliser un actif uniquement
quand elles en ont besoin. Tous les marchés sont concernés »

 

 

Après avoir commencé sa carrière à la direction du budget, où elle était en charge notamment des comptes de la Sécurité sociale, Charlotte Dennery a rejoint le secteur privé en 2001 et dirige depuis deux ans la filiale de BNP Paribas, dédiée aux leasing solutions. Ce qui la pousse à vouloir étendre les services de leasing à la sphère publique, offrant une solution adaptée à la baisse des dépenses publiques.

  • Comment définir la nature et l’intérêt du leasing ?
    Ce qui caractérise le leasing, c’est sa grande diversité, répondant à toutes les  problématiques de financement que se pose aujourd’hui une entreprise. Le leasing est accessible de trois manières. La plus fréquente est le « vendor leasing ». Cela consiste à travailler endirect avecun industriel pour proposer des solutions de financement à ses clients afin de l’aider à finaliser la vente. L’exemple type est celui des machines agricoles qui représentent des investissements très lourds pour les exploitations de taille modeste. Nous intervenons comme acteur tiers de la  transaction en nous portant acquéreur de cette machine que nous louons ensuite au client final. Nous lui proposons, par ailleurs, plusieurs services comme la  maintenance ou l’assurance. Le deuxième canal, le «leasing direct » consiste à travailler directement avec le client final en lui proposant des solutions de location et de gestion de son parc d’équipements. Il peut s’agir de flottes de véhicules  commerciaux et industriels mais aussi de parcs informatiques et télécoms ainsi que de logiciels. Nous intervenons tout au long du cycle de vie du matériel : le choix de l’équipement, samaintenance et jusqqu’àj son recyclage. Enfin, c’est propre à notre groupe, nous intervenons auprès des réseaux bancaires BNP Paribas, en France et en Europe, lorsque leurs clients – souvent des PME – leur demandent de mettre en place des solutions de leasing pour financer leurs équipements professionnels ou leurs actifs immobiliers. C’est le leasing en «servicing » : nous assurons tout le traitement des opérations mais le réseau bancaire reste propriétaire de l’équipement financé.
  • Quelle est la croissance du marché ?
    Elle est extrêmement favorable en Europe, avecune progression de 8 %à 10 %par an. C’est sur l’activité vendor que la croissance est la plus forte. Le leasing bancaire progresse également. Dans un contexte de taux d’intérêt très bas, les conseillers BNP Paribas ont intérêt à proposer ce type de financements aux entreprises et surtout aux PME car ils offrent des marges un peu plus élevées que le crédit bancaire classique encontrepartie d’un service additionnel.
    Notre coeur de cible, ce sont les PME en croissance qui préfèrent cette solution à une augmentation de capital ou de leur endettement. Le leasing est très utile pour financer une croissance rapide sans déstabiliser un bilan. C’est pourquoi nous avons lancé mi-décembre une application numérique « switch on » qui permet aux entreprises de calculer combien d’économies elles pourraient réaliser en passant par un service de leasing plutôt qu’en achetant le bien en propre. Ce marché se développe aussi à l’international. La Chine connaît en particulier une croissance spectaculaire : la question de la dette bancaire et immobilière préoccupe les autorités qui voient donc d’un très bon oeil des entreprises comme lesnôtres venir financer une partie de leur économie réelle en détenant en gage les équipements.
  • Quels sont les équipements les plus adaptés au leasing ?
    Le leasing est particulièrement adapté aux biens d’équipement coûteux, comme le matériel agricole mais également aux équipements destinés à la construction et à la manutention (en forte croissance dans les entrepôts logistiques) ainsi qu’aux véhicules industriels. On observe aussi un fort développement du marché de l’IT et du software. Il est très intéressant pour les entreprises de louer des logiciels plutôt que de les acheter, en raison de leur obsolescence très rapide. C’est làque le leasing prend tout son intérêt. On pourrait imaginer, à première vue que des producteurs de logiciels louent directement leurs produits à leurs clients mais ils n’ont pas l’assise financière suffisante pour le faire. Nous intervenons donc comme partenaires de ces  éditeurs pour accompagner le développement de leurs ventes auprès de leurs clients. Chez BNP Leasing Solutions nous aurons cette année 11,7milliards d’euros de mises en loyer et gérons un encours d’actifs de près de30 milliards d’euros.
  • Au fond, vous bénéficiez pleinement du développement de l’économie de l’usage…
    Exactement. Aujourd’hui, les entreprises, tout comme les particuliers, veulent utiliser un actif uniquement quand elles en ont besoin. Tous les marchés sont concernés. On pense au marché automobile – particuliers ou flotte d’entreprises – mais cela concerne plus généralement tous les usages de consommation courante. Aux Etats-Unis, qui sont très en avance sur ce thème, certains ménages s’équipent de frigidaire, de machine à laver, voire de canapé en leasing. Pourquoi ? Parce qu’ils anticipent leur future mobilité et ne veulent pas forcément dépendre de contingences matérielles. Cela rejoint aussi une tendance au renforcement de l’économie circulaire où le besoin d’équipements recyclables croît rapidement. C’est là où le leasing intervient, avec sa capacité à offrir une maintenance permettant de remplacer certaines pièces usagées à partir d’autres pièces usagées ayant été recyclées. Ce sera un axe majeur de croissance des prochaines années. Le leasing permet également de répondre efficacement aux enjeux de la transition énergétique pour nos clients. Nous sommes ainsi pionniers dans la location de véhicules industriels au GNV (gaz naturel pour véhicules), Aussi fonctionnels, polyvalents et performants que les véhicules au gasoil, le GNV contribue à la diminution de l’empreinte carbone du parc d’une société. Autre enjeu encore méconnu, l’éclairage. Les luminaires LED intelligents, d’une durée de vie plus longue, présentent de nombreux avantages : une forte réduction de la consommation électrique, l’amélioration du confort visuel et donc des conditions de travail. Le financement locatif est un levier particulièrement adapté. Il permet à l’organisme qui souhaite rénover son parc de disposer rapidement de ses nouveaux équipements, installés dans les règles de l’art.
  • Mais vous intervenez aussi désormais auprès de la sphère publique.
    Oui, d’abord pour l’Education nationale. En effet, à la rentrée 2017 nous avons lancé le pack Education pour accompagner les établissements scolaires n’ayant pas les moyens de remplir les objectifs fixés par le Plan numérique pour l’éducation de 2015. Nous leur louons des équipements (tablettes, tableaux intéractifs, smartphones) neufs et renouvelés régulièrement ainsi que des logiciels et des services sur mesures. Les établissements bénéficient également de la maintenance de ces équipements. L’avantage est que le prix est très attractif car il tient compte de la valeur résiduelle des équipements au terme de la location. Si, pour l’instant, nous sommes soutenus par les établissements catholiques privés, cela pourrait se répandre aux établissements publics et autres acteurs du privé.
  • Que peut-on faire d’autre dans la sphère publique ?
    Il y a beaucoup de choses à faire dans le domaine de la Sécurité sociale, plus particulièrement dans le médical. Nous pourrions très bien aider les hôpitaux à acheter en leasing des tables d’opération ou du matériel d’imagerie, ce qui leur coûterait moins cher et leur garantirait d’avoir un matériel très performant. Nous travaillons également à l’élaboration d’une offre de leasing de matériel de surveillance pour les personnes âgées.Celle-ci permettrait de recueillir régulièrement des données sur leur santé et de prévenir ainsi les éventuels accidents. Cette prévention devrait réduire le coût de l’hospitalisation pour la Sécurité sociale.
    Autre piste, le parc immobilier de l’Etat. Celui-ci est considérable mais l’Etat n’a pas toujours les moyens de l’entretenir correctement. Là encore, le leasing offre des avantages considérables, via le système du «lease back » où l’administration vendrait son bien mais continuerait àl’occuper en devenant locataire, l’entretien étant à la charge du propriétaire. Quelques expériences ont été tentées dans le passé : nous avons ainsi en portefeuille des gendarmeries françaises ! Ce serait une piste intéressante à creuser.
  • Cette économie de l’usage a-t-elle des beaux jours devant elle ?
    Les possibilités semblent presque infinies. Nous allons par exemple lancer début 2018 une place de marché du leasing. Elle permettra à nos clients de prêter à d’autres clients leurs actifs au cours des périodes, courtes ou longues, durant lesquelles ils n’en auront pas besoin. Ceciconcernera des équipements agricoles et de travaux publics. C’est un nouveau concept de pur service, qui pousse jusqu’au bout la philosophie d’économie de l’usage.

Interview Cyrille Lachèvre
@CyrilleLachevre